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Retours sur 6 ans dans une asso de devs

Arrivé en Bretagne (Lannion !) en 2012 pour terminer mes études, je tombais sur une association de développeurs récemment lancée qui avait pour ambitions d’animer la communauté des développeurs du coin à force de meetups, d’ateliers et d’évènements et de favoriser le réseautage et le partage entre personnes de la tech.
En 2013, je finis par rejoindre cette bande de geeks et ce pendant 6 putain d’années. Yep, je venais de me lancer dans une belle aventure avec
Code d’Armor. Retour là dessus, car j’y tiens trop 🥳

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Maintenant vous savez où est Lannion… et qu’il y a Open Street Map en Breton !

La vie associative

D’abord des rencontres, beaucoup, avec certaines vraiment belles 🤝.
S’investir dans une association fait que l’on est toujours amené à rencontrer du monde. Des gens qui viennent à vos meetups, des curieux, allant du stagiaire qui débarque à l’expert barbu dans son domaine. Mais aussi des officiels, comme des élus de la ville et de l’agglomération ou des députés qui s’intéressent à ce que l’on fait et qui nous encouragent (merci Corinne, merci Eric). Aussi des rencontres avec d’autres associations comme les copains du FabLab de Lannion ou ceux du GDG du Finistère FinistDevs. On se retrouve amené aussi à échanger avec des intervenants extérieurs connus nationalement voire internationalement qui viennent de loin faire une conférence chez nous. Et dans tout ça, de vrais bons potes 🍻.

Bon, aussi de la paperasserie, impossible d’y échapper. Recherche de subventions, demande de sponsoring, réunions, il faut savoir mouiller la chemise pour faire tourner la boutique. Les rôles tournent, on essaye de toujours bouger et de se répartir les tâches 🔨.

On peut parfois compter sur certaines entreprises du coin pour nous soutenir, même si parfois elles peinent à masquer les autres qui brillent totalement par leur absence, bien trop nombreuses à mon goût. C’est rageant, frustrant et pénible, mais c’est comme ça, l’associatif taquine parfois la politique, il faut savoir secouer les cocotiers pour que des choses en tombent, faire avec l’honnêteté des uns et l’hypocrisie des autres. On peut avoir envie de baisser les bras, de laisser tomber. Mais on persévère, toujours, et on s’adapte. Et des soutiens nous font continuer, et on les remercie ❤.

Les meetups

Code d’Armor c’est avant tout une histoire d’association d’irréductibles bretons (et de au moins 1 normand, quand même).
On se force tous les mois à faire des meetups, en variant les sujets techniques, ne s’interdisant rien, et démarchant des speakers de tous horizons. Et ça marche 🎉 !

Lannion est une petite ville, mais sur le plan quantitatif on y retrouve nettement plus de meetups que d’en d’autres. La fréquentation de nos conférences est remarquable aussi, on arrive à avoir des pics à 35 voire 40 personnes un midi sur un sujet, même si plus rarement on tombe à 5 ou 10, avec un moyenne de 15/20 personnes finalement. C’est le jeu, on varie les propositions, le public vient s’il en a envie. En discutant avec les copains d’autres associations homologues on se rassure en voyant nos résultats, on a de quoi être fier. La richesse est dans la diversité, et on estime que traiter une même année les thématiques de blockchains, time series, machine learning, containers et OS mobiles alternatifs apporte beaucoup pour tout le monde. Quand des acteurs locaux animent ces présentations, c’est top. Quand d’autres viennent d’ailleurs, c’est encore mieux 👍 !

C’est intéressant aussi de voir comment ça fonctionne autre part. Dans des grosses villes les meetups marchent bien le soir après le travail, et assez peu le midi. Les gens bossent en journée, partent plus tôt pour le meetup et rentrent vivre leur vie. Chez nous c’était l’inverse. La fréquentation le soir baissait et était décevante. En calant nos meetups sur la pause méridienne, on vit la fréquentation passer d’un pénible 10/15 personnes à une grosse trentaine. Les autochtones préfèrent nous rejoindre le midi.

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Google faisait il y a quelques années le classement des GDG, mais plus maintenant. Des statistiques en moins…

La communication

Que faire quand vous voulez vous faire connaitre par le plus grand nombre de personnes du coin sans forcément faire tourner des sextapes ? Comment gagner de la visibilité à moindre coût ?

Déjà un site web, merci Erwan ! Ensuite, un système pour lister les événements. Au début Eventbrite, puis afin d’harmoniser les outils des GDG, Meetup a été imposé. J’estime avoir perdu au change. Une usine à gaz, moins de données accessibles pour nous (alors que basiques !). La bascule de l’un à l’autre nous a fait perdre du public, il fallait tout recommencer. Ensuite, câbler l’outil au site web et le tour était joué.

Le label Google Developers Group (GDG) aussi. Le mot “GOOGLE” en faisait fuir certains, mais en leur montrant qu’il n’y avait ni dévots ni prosélytisme, et qu’on avait surtout un gain de visibilité et de contenu, ça allait. À une époque on pouvait voir comment on se positionnait par rapport aux autres GDG, ça nous rassurait dans les moments de doute.

Ensuite, les affiches. On avait la chance d’avoir un bon graphiste dans l’asso (merci Erwan !) pour faire des affiches à poser pour annoncer nos meetups. Puis il se mit en retrait, et je pris la suite. Je ne ferais pô carrière dans ce domaine (>_<)” Mais avec GIMP, Freepik et Flaticon il y avait moyen de faire des choses efficaces (et sur un malentendu, si on n’était pas regardant, pas trop moches !) 🎨.

Les réseaux sociaux aussi. Twitter et Google+. Oui, Google+. On y partageait des informations, mais l’audience était assez faible avant que l’outil ne soit euthanasié par Google.

Enfin, la newsletter avec Mailchimp. Interface simple, efficace, avec possibilité d’avoir des métriques sur nos campagnes. On a eu des rebonds de fréquentation grâce à une bête infolettre mensuelle. 📧

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Des exemples d’affiches (saison 2 et saison 6)

Les gros projets

On peut dire que dans l’associatif ce n’est pas la taille qui compte. Dès 2012, Code d’Armor avait repris un Startup Weekend à Lannion, grâce à ça que je l’ai connu d’ailleurs. Après on n’a pas continué, trop contraignant, et de plus en plus lourd à mettre en place 🥵.

Il y eu aussi les éditions de la Fête du Libre, à savoir Libre en Fête en Trégor. Travailler de concert avec d’autres associations de tous poils, co-gérer le projet avec le FabLab, et finalement un événement attirant plus de 700 personnes sur une journée avec de nombreux ateliers, stands et conférences. Une belle réussite, on a de quoi être fier 💪.

Enfin le DevFest du Bout du Monde avec les copains de FinistDevs. Vous vous rappelez les irréductibles bretons ? Faîtes travailler ensemble deux GDG et vous aurez un DevFest au bout du monde (littéralement) avec 350 visiteurs, une dizaine de sponsors, 40 conférences et ateliers sur 4 tracks en parallèle. Et finalement une belle réussite qui fait plaisir ! Ca donne aussi envie de continuer. De faire encore mieux, plus grand, peut-être pas ailleurs. L’associatif finit parfois par être une histoire de politique, on fait avec ce que l’on nous donne ou pas.

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Libre en Fête en Trégor 2018 et DevFest du Bout du Monde 2019

Les vidéos

Il y eu très tôt la volonté de capitaliser sur ce que l’on faisait, avoir des traces de nos conférences. La décision fut prise rapidement d’enregistrer et mettre en ligne nos conférences. Les 1ers essais furent sympas (par exemple), mais demandaient du travail de montage. On passait aussi par les lives de Hangout ou YouTube, mais la qualité n’était pas au rendez-vous et on subissait un réseau parfois capricieux (exemple). Ensuite on filmait, en best effort. C’était déjà mieux, mais pas encore top.

Et dernièrement, on s’est équipé, suite au DevFest entre autres. On gardait notre micro USB Yeti Blue et la webcam C910 de Logitech, et on ajoutait un splitter HDMI ainsi qu’une carte AverMedia ExtremeCap. Derrière OBS sur un laptop à 8 Go de RAM et le tour était joué. On tâtonne encore sur la mise en forme, mais c’est déjà mieux. Bon, les métriques de notre chaîne YouTube ne sont pas terribles, mais on vient de loin 📽️.

Les p’tits trucs en plus

En plus de la vie mensuelle de l’association, du travail de communication, la recherche d’intervenants et les gros projets en parallèle, il y avait d’autres choses qui pouvaient arriver.
Parfois aider un hackathon du coin avec du mentoring, une autre fois s’investir dans un Startup Weekend voisin. Mais aussi organiser un hub pour le Google Hash Code, animer des I/O Extended, et avoir des membres aller outre-Atlantique pour la Google I/O et le GDG Summit. De temps à temps avoir des personnes qui testent leurs conférences chez nous avant de les faire dans des gros rassemblements. Les années se suivent, se ressemblent et sont finalement bien remplies. Une dizaine de meetups par an en moyenne, de temps un temps un cod’apéro, et une grosse variété de sujets.

Et maintenant ?

En regardant dans le rétroviseur, en pensant à nos moyens humains (un noyau dur de 3/4 personnes) et à notre situation géographique, on a de quoi être fier de nous. On se décarcasse et ça change tout. On arrive à braquer les projecteurs sur notre Trégor et à faire des choses.

Mais maintenant, je dois bouger, pour raisons familiales. Je garde de supers souvenirs, et j’ai gagné des bons potes. À voir maintenant ce que je ferais, mais je vois déjà qu’il y a de quoi faire à Toulouse entre le GDG et le Capitole du Libre. Quand on est un animal associatif on trouve toujours un endroit où creuser, pour que je m’arrête ce n’est pas gagné. En tout cas, merci les copains et kenavo ! 👏

Et si vous avez du temps, n’hésitez pas à voir ce que eux ou leurs boites font :) Je pense à Marc, Samuel, Pierre, Sébastien et Kristal, Nicolas et DC Brain, mais aussi Eric, Erwan ou encore Sylvain et Cédric avec Saooti.

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